Shadow

3ème mandat d’Alassane Ouattara : Jeune Afrique révèle le rôle de Faure Gnassingbe

Malgré son âge, le président togolais Faure Gnassingbé est le doyen des chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest. Au pouvoir depuis 2005 à la suite d’une élection contestée émaillée de violences, le fils du général Gnassingbe Eyadema a sauvé son fauteuil présidentiel à plusieurs reprises grâce aux interventions du président ivoirien Alassane Ouattara. Le président togolais renvoie désormais l’assesseur à son confère. Selon le magazine Jeune Afrique, le président Alassane Ouattara s’appuie sur son homologue togolais pour calmer les ardeurs du Guillaume Soro désormais.


« Guillaume Soro a déclenché une guerre contre Alassane Ouattara (ADO) sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « despote » et de « dictateur ».
Selon nos informations, le président ivoirien, auprès de qui ces attaques passent mal, s’en est ouvert à ses homologues Macky Sall, Faure Gnassingbé et Denis Sassou Nguesso, qui sont en contact avec Soro. ADO l’a accusé de s’être allié à des « ivoiritaires », ce que celui-ci réfute », ont publié nos confrères de Jeune Afrique.


Le président Alassane Ouattara brigue un troisième mandat contesté par plusieurs partis politiques de l’opposition. En dehors d’Henri Konan Bidié, les autres ténors de l’opposition qui pourraient challenger avec Alassane Ouattara sont contraints à l’exil. Tel est le cas de Guillaume Soro. L’ancien président Laurent Gbagbo acquitté par la Cour pénale internationale est toujours en attente de son passeport pour rentrer en Côte d’Ivoire.

La pression de la France (Jeune Afrique)

Lors d’un déjeuner à l’Élysée, le 4 septembre, Emmanuel Macron a fait part à Alassane Ouattara de ses inquiétudes sur le climat socio-politique en Côte d’Ivoire à l’approche de la présidentielle. Ce qui a agacé son homologue.

Selon nos informations, Emmanuel Macron a confié craindre que le troisième mandat contesté de son homologue ivoirien puisse susciter des tensions sociopolitiques dans le pays, alors que des violences ont déjà fait plusieurs morts dans différentes localités mi-août.

Le président français a suggéré à Alassane Ouattara (ADO) de procéder à un report du scrutin afin de lui permettre, ainsi qu’à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, de se retirer. Ce délai lui donnerait en effet la possibilité de faciliter l’ouverture d’un dialogue avec ses deux principaux opposants et de trouver un successeur pour opérer le « changement générationnel » initialement promis. Mais le chef de l’État ivoirien a refusé.

Des violences « téléguidées »

Ce dernier, très déterminé, a rappelé à son hôte qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de se représenter après le décès de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet.

ADO lui a également assuré qu’il ne fallait pas s’inquiéter sur la tournure que pouvaient prendre les événements. Il lui a garanti que la situation est aujourd’hui « sous contrôle », lui expliquant notamment que les dernières violences étaient très localisées et téléguidées par Henri Konan Bédié et Simone Gbagbo. Un discours résolument optimiste versant parfois, selon une source française, dans « l’excès de confiance ».

Bédié, Gbagbo et Soro

De son côté, Emmanuel Macron a alerté son homologue sur le risque de crise post-électorale si des gestes d’apaisement n’étaient pas effectués en amont du scrutin. Outre un report de l’élection, le cas de Laurent Gbagbo et de son retour en Côte d’Ivoire a aussi été évoqué. Le chef de l’État français a insisté sur les capacités de mobilisation de l’ex-président ivoirien et la nécessité de parvenir à un accord avec lui.

ADO lui a répondu qu’une fois réélu, il engagerait une réconciliation avec Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo et qu’il favoriserait le retour au pays de ce dernier. Une éventuelle libération des députés proches de Guillaume Soro détenus à Abidjan a également été abordée.

Alassane Ouattara s’est néanmoins plaint du comportement de l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui multiplie les critiques à son encontre depuis Paris. Emmanuel Macron a répondu qu’il ne pouvait pas empêcher un opposant de s’exprimer sur la politique de son pays mais qu’il n’acceptait pas d’être utilisé comme un argument de campagne électorale.

Message lui a donc été passé, par l’Élysée, de cesser ses attaques personnelles « inacceptables » contre le président.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *