Shadow

Humiliation (vidéo) : voici comment Dominique Ouattara a été bloquée devant l’Elysée

Les Ivoiriens ont appris et apprécié diversement les déboires de la première dame Dominique Ouattara à Paris. Contrairement aux premières informations selon lesquelles Paris aurait voulu humilier Alassane Ouattara, il s’agirait simplement d’une erreur d’interprétation de la nature du rendez-vous accordé au président ivoirien. Alors que le président français s’attendait à recevoir son homologue ivoirien dans un entretien privé éclair, à Abidjan, Alassane et Dominique se préparaient pour une rencontre officielle avec tous les honneurs.

Une fois à l’entrée de Palais de l’Elysée, il fut signifié à Mme Dominique Ouattara qu’elle ne figurait sur la liste des invités au déjeuné. Selon des sources généralement crédibles, il a fallu faire appel à un véhicule de l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris pour sortir la première dame de cette situation plus qu’humiliante. Après avoir fait quelques courses, elle prit place dans une cafétéria proche de l’Elysée où elle attendit sagement son mari.

Dominique Ouattara dans une cafétéria à Paris

Les révélations de Jeune Afrique

Lors d’un déjeuner à l’Élysée, le 4 septembre, Emmanuel Macron a fait part à Alassane Ouattara de ses inquiétudes sur le climat socio-politique en Côte d’Ivoire à l’approche de la présidentielle. Ce qui a agacé son homologue.

Selon nos informations, Emmanuel Macron a confié craindre que le troisième mandat contesté de son homologue ivoirien puisse susciter des tensions sociopolitiques dans le pays, alors que des violences ont déjà fait plusieurs morts dans différentes localités mi-août.

Le président français a suggéré à Alassane Ouattara (ADO) de procéder à un report du scrutin afin de lui permettre, ainsi qu’à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, de se retirer. Ce délai lui donnerait en effet la possibilité de faciliter l’ouverture d’un dialogue avec ses deux principaux opposants et de trouver un successeur pour opérer le « changement générationnel » initialement promis. Mais le chef de l’État ivoirien a refusé.

Des violences « téléguidées »

Ce dernier, très déterminé, a rappelé à son hôte qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de se représenter après le décès de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet.

ADO lui a également assuré qu’il ne fallait pas s’inquiéter sur la tournure que pouvaient prendre les événements. Il lui a garanti que la situation est aujourd’hui « sous contrôle », lui expliquant notamment que les dernières violences étaient très localisées et téléguidées par Henri Konan Bédié et Simone Gbagbo. Un discours résolument optimiste versant parfois, selon une source française, dans « l’excès de confiance ».

Bédié, Gbagbo et Soro

De son côté, Emmanuel Macron a alerté son homologue sur le risque de crise post-électorale si des gestes d’apaisement n’étaient pas effectués en amont du scrutin. Outre un report de l’élection, le cas de Laurent Gbagbo et de son retour en Côte d’Ivoire a aussi été évoqué. Le chef de l’État français a insisté sur les capacités de mobilisation de l’ex-président ivoirien et la nécessité de parvenir à un accord avec lui.

ADO lui a répondu qu’une fois réélu, il engagerait une réconciliation avec Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo et qu’il favoriserait le retour au pays de ce dernier. Une éventuelle libération des députés proches de Guillaume Soro détenus à Abidjan a également été abordée.

Alassane Ouattara s’est néanmoins plaint du comportement de l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui multiplie les critiques à son encontre depuis Paris. Emmanuel Macron a répondu qu’il ne pouvait pas empêcher un opposant de s’exprimer sur la politique de son pays mais qu’il n’acceptait pas d’être utilisé comme un argument de campagne électorale.

Message lui a donc été passé, par l’Élysée, de cesser ses attaques personnelles « inacceptables » contre le président.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *