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Côte d’Ivoire : voici les raisons du départ de l’ambassadeur de France

L’information circule depuis quelques heures sur la toile. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire Gilles Huberson vient de quitter le pays à quelques jours de l’élection présidentielle qui s’annonce sous haute tension. Selon Mediapart cité par Huffingtonpost.fr, l’ambassadeur français serait accusé de violences sexuelles sur plusieurs femmes et ferait actuellement objet d’une enquête interne.

“Un haut diplomate français est accusé de gestes et de paroles sexistes, ainsi que de violences sexuelles. Dans un article publiée ce samedi 19 septembre, Mediapart se fait l’écho d’une enquête interne du ministère des Affaires étrangères visant Gilles Huberson, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, passé précédemment au Mali de 2013 à 2016.

Selon les informations du site en ligne, “au moins cinq femmes” se sont tournées vers le déontologue du Quai d’Orsay pour dénoncer des remarques dégradantes et des gestes à connotation sexuelle non désirés. Le déontologue, jugeant les faits graves, a lui-même saisi le ministère pour lancer une enquête administrative. Cette dernière aurait notamment débouché sur une inspection générale menée au mois de juillet au cours de laquelle d’autres témoins ont également été entendus”, rapporte le journal.

Et pourtant d’autres sources indiquait que le diplomate serait rappelé par son hiérarchie pour un compte rendu de la situation en Côte d’Ivoire. Le président Emmanuel Macron qui est présenté à Abidjan comme un grand ami d’Alassane Ouattara ne souhaiterait pas prendre une mauvaise diplomatique hasardeuse qui pourrait lui revenir à la figure.

Emmanuel Macron n’a pas officiellement pris position face à la volonté du président Alassane Ouattara de briguer un troisième mandait mais tout porte à croire que ce nouveau projet n’a pas réjoui le patron de l’Elysée. Selon nos confrères de Jeune Afrique, Emmanuel Macron a demandé à son homologue ivoirien de reporter l’élection présidentielle du 31 octobre afin que tous les anciens ténors de la politique ivoirienne se retirent. Depuis cette rencontre infructueuse pour Ouattara ce dernier ne cesse de recevoir des pressions.

Selon des sources diplomatiques, Emmanuel Macron activerait tout son réseau pour faire revenir son ami à la raison. Vendredi 18 septembre 2020, l’Union Européenne a sorti une déclaration pour condamner les violences pré-électorales et les restrictions des libertés des citoyens en Côte d’Ivoire. Elle a invité les autorités ivoiriennes à respecter les décisions des juridictions internationales.

« L’UE prend acte de la décision du Conseil constitutionnel, ce 14 septembre, relative aux candidatures retenues pour l’élection présidentielle. S’il ne lui revient pas de se prononcer à ce sujet, l’UE rappelle qu’il est de la responsabilité première des autorités et institutions ivoiriennes compétentes de garantir un processus électoral impartial, transparent, inclusif et équitable, emportant l’adhésion des citoyens. Elle note les différentes procédures ouvertes auprès de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) relativement au processus électoral et rappelle son attachement au respect de la justice internationale », précise la déclaration.

Pour rappel, le Conseil constitutionnel à publié le 15 septembre la liste définitive des candidats qui participeront à la présidentielle de 2020. Il s’agit du président sortant Alassane Ouattara, Henri Conan Bedie, Pascal Affi Nguessan et Kouadio Konan Berti. Laurent Gbagbo et Guillaume Soro déclarés inéligibles ont promis mener le combat pour « pour le rétablissement de la démocratie » en Côte d’Ivoire. L’ancien premier ministre exilé en France a déclaré en conférence de presse qu’il est candidat malgré la décision du conseil constitutionnel tout en précisant qu’il n’y aura pas d’élection le 31 octobre 2020.

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