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Ghana : le Togo accusé de soutenir un violent mouvement sécessioniste

Une bonne partie de la région de la Volta (Ghana) réclame son indépendance depuis plusieurs années. A quelques semaines de l’élection présidentielle au Ghana, la situation s’est aggravée. La tension a monté d’un cran ce 25 septembre lorsque des attaques violentes contre les institutions de la République ont occasionné plusieurs dégâts importants. Les autorités ghanéennes attribuent ces attaques sécessionistes à des hommes venant du Togo. Face au silence des autorités togolaises devant de si graves accusations, les ressortissants togolais résidant au Ghana vivent dans la peur craignant d’éventuelles représailles.

Le 25 septembre était un vendredi noir dans la région de la Volta. Des individus se réclamant de l’Etat autoproclamé du Togoland ont opéré des attaques ciblées dans plusieurs localités. Plusieurs routes ont été bloquées pendant de longues heures à Aveyime et de Mepe, dans le district de North Tongu. Les postes de police de ces deux localités ont également été vandalisés. Les manifestants selon les témoins, se réclament du Togoland (le territoire du Togo-Allemand rattaché au Ghana après la deuxième guerre mondiale). Cette partie du Ghana s’est toujours sentie lésée par rapport aux autres régions du Ghana créant chez certains, un sentiment d’abandon ou de rejet.

C’est dans ce climat tendu que le député Samuel Okudzeto Ablakwa du district de North Tongu dans la région de la Volta a déclaré sur Okay Fm, une station radio locale, que les sécessionnistes n’étaient pas des Ghanéens mais des Togolais. Pour s’en convaincre, il évoque la langue parlée et les chants de guerre exécutés par ces derniers.

« Les gens qui l’ont fait (cette attaque ndlr) étaient bien formés et quand vous écoutez ceux qui sont au premier plan, ils disent que la grande majorité des assaillants, la langue et le genre de chansons de guerre qu’ils chantaient ne sonnaient pas ghanéens. Avec la variation dans leur version de la langue Ewe, à ce stade, on soupçonne qu’ils sont du Togo. C’est ce que m’ont révélé de nombreux chefs de police à qui j’ai parlé », a précisé le député qui fut plusieurs fois fait partie du gouvernement ghanéen.

Silences incompréhensibles des autorités togolaises

Ce qui semble une crise diplomatique en gestation entre deux pays frères n’émeut point les autorités togolaises. Au Ghana, l’information fait les choux gras de la presse locale. Au jour le jour la tension monte davantage. Cette semaine des individus se réclamant toujours du Togoland ont attaqué une gare routière et incendié au moins une voiture de la compagnie de voyage STC. Sur les médias locaux, le Togo est cité comme la base arrière des sécessionnistes. Les images tournent en boucles aussi bien en anglais qu’ en Tsui, la langue locale la plus parlé au Ghana.

Le silence de l’ambassade du Togo à Accra et du gouvernement inquiète les ressortissants togolais qui craignent des représailles.

« Nous vivons en paix ici avec nos frères du Ghana. C’est seulement pendant les périodes des élections qu’ils nous accusent de frauder leurs élections mais ces accusations ne créent pas de véritables tensions entre nous. Cette année j’ai peur. Pour beaucoup de Ghanéens, nous faisons frauduleusement les papiers de leur pays pour participer aux élections. S’il faut ajouter à cela un éventuel soutien aux actes terroristes, je crains que les lendemains soient difficiles pour nous. Ces périodes électorales créent une tension particulière cette année », nous a confié un résidant togolais qui a souhaité garder l’anonymat.

Ce n’est pas la première fois que les autorités togolaises brillent par un silence inexplicable face à de graves accusations venant du Ghana. Depuis plusieurs mois les Togolais sont accusés de participer à la fraude de l’élection présidentielle du 06 décembre. Un documentaire diffusé sur les réseaux sociaux a donné la parole aux Ghanéens de la région de la Volta qui ont réitéré les mêmes accusations. Le gouvernement togolais ne s’est jamais prononcé sur le sujet.

Un avocat togolais pour défendre les sécessionnistes

L’information est venue de notre confrère Focus Info. Les mouvements séparatistes du Togoland ont choisi le cabinet d’avocats togolais Martial Akakpo pour défendre leur intêret. « Les mouvements sécessionnistes des populations de l’est du Ghana qui réclament la constitution de l’état de Togoland, continuent de se structurer. Après avoir formé le « Homeland Study Group Foundation » qui réunit tous les partisans du Togoland et mené quelques actions d’éclat, ils viennent de constituer la société civile professionnelle (SCP) d’avocats Martial Akakpo pour porter le dossier devant les juridictions internationales et défendre leurs intérêts. L’information a été confirmée à la rédaction de FOCUS INFOS par la SCP d’avocats Martial Akakpo », peut-on lire sur le site de notre confrère.

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