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Côte d’Ivoire : Jeune Afrique révèle le contenu des discussions entre Bédié et les ambassadeurs occidentaux

La Côte d’Ivoire est à nouveau plongée dans une crise politique après l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 non reconnue par les principaux partis de l’opposition et qui offre un 3ème mandat à Alassane Ouattara avec presque 95% des voix. Pour calmer la tension, les ambassadeurs de l’Union européenne, de la France, des USA et de la grande Bretagne, demandent à Henri Konan Bedie de renoncer au projet de création du Conseil National de transition (CNT). Tous mettent la pression sur l’opposition ivoirienne selon Jeune Afrique. Breves.info pour propose l’intégralité de l’article.

Alors qu’Henri Konan Bédié a reçu le 4 novembre les ambassadeurs occidentaux à son domicile, plusieurs chefs d’État ouest-africains proposent leur médiation. Jeune Afrique vous dévoile quelles pressions s’exercent aujourd’hui sur le chef du PDCI.

Après l’annonce de la formation d’un « Conseil national de transition » présidé par Henri Konan Bédié (HKB), la villa de Cocody du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a été encerclée par la police dans l’après-midi du 3 novembre. L’ex-président de 86 ans y est depuis en résidence surveillée, avec son épouse Henriette, et plusieurs de ses proches ont été interpellés.À LIRE Côte d’Ivoire : arrêtés, relâchés, en résidence surveillée… Le point sur le sort des opposants

Le 4 novembre, à 12h30, les ambassadeurs de l’Union européenne, de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis se sont rendus sur place pour le rencontrer. Mais HKB leur a indiqué qu’il ne voulait pas les recevoir seul et qu’il souhaitait que certains de ses collaborateurs soient présents.

L’entretien a finalement pu avoir lieu en début de soirée. Le « sphinx de Daoukro » était accompagné du général Ouassénan Koné, l’un des vice-présidents de son parti, et de deux avocats.

Condition non négociable

HKB a d’abord plaidé pour la mise en place d’une médiation internationale et pour l’implication des Nations unies dans la crise actuelle. Les chancelleries occidentales l’ont encouragé à renoncer à son Conseil national de transition, en lui expliquant qu’il s’agissait d’une voie sans issue, qu’aucun partenaire étranger ne soutient. Alassane Ouattara, qui se montre très ferme face à ses opposants, en fait une condition non négociable avant de faire le moindre pas vers eux.

À l’issue de cette première discussion destinée à renouer le dialogue et à trouver un terrain d’entente entre les deux camps, il a été convenu de fixer un nouveau rendez-vous à la fin de la semaine.

Les diplomates occidentaux se sont également entretenus avec le Premier ministre Hamed Bakayoko, qui gère ce dossier pour le compte du chef de l’État. Selon une source diplomatique, la tonalité des discussions en cours avec les deux parties est « encourageante ».

Par ailleurs, le 1er novembre, au lendemain d’une journée de vote marquée par plusieurs incidents et avant même l’annonce des résultats, le président français Emmanuel Macron avait appelé Alassane Ouattara pour le pousser à adopter rapidement des mesures d’apaisement à l’endroit de ses opposants.

MACKY SALL A ÉCHANGÉ AVEC HENRI KONAN BÉDIÉ DANS LA SOIRÉE DU 3 NOVEMBRE

En parallèle, plusieurs chefs d’État ouest-africains ont affiché leur disponibilité pour tenter de résoudre la crise ivoirienne. Le Sénégalais Macky Sall a ainsi échangé avec Henri Konan Bédié dans la soirée du 3 novembre. Il s’est également entretenu avec l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny.

Le Ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Cedeao, qui avait reçu Bédié à Accra avant le scrutin du 31 octobre, s’est lui aussi montré disposé à jouer un rôle pour faire retomber la pression chez ses voisins. En contact avec son homologue ivoirien et son opposant, il étudie actuellement la marge de manœuvre dont il pourrait disposer avant de s’engager plus formellement.

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