Shadow

Côte d’Ivoire : les militaires filment les tortures qu’ils infligent aux détenus (vidéos)

La côte d’Ivoire est à nouveau en crise. Des images insoutenables diffusées par le lanceur d’alerte Chris Yapi montrent des hommes armés torturer des détenus. L’une des personnes détenues est le soldat Rimo, devenu célèbre pour ses vidéos critiques à l’endroit du régime Ouattara.  Il est apparu les yeux et les lèvres enflés, menotté face à des hommes armés. Un des militaires se réclamant de l’unité des 8400 rebelles qui ont intégré l’armée régulière ivoirienne, sort un marteau, le brandit en expliquant au soldat Rimo qu’ils n’ont pas peur de la mort.

« Ce n’est pas aujourd’hui que nous avons commencé ça, vous ne pouvez pas manipuler les 8400. Nous là on est né pour mourir », lance-t-il. Son second va faire une révélation importante. Il déclare avoir installé “Alassane” au pouvoir.

« Ça fait 10 ans nous on est dans guerre, Nous-même on sait pourquoi on a fait s’assoir Alassane », confie-t-il. Une autre vidéo montre les mêmes éléments de l’unité 8400 enchainer deux personnes aux pieds subissant un interrogatoire.

Les soldats appelés 8400 « appartiennent pourtant à l’armée régulière ivoirienne, dans laquelle ils ont été intégrés en vertu de l’accord de Ouagadougou. Conclu en 2007 entre le président Laurent Gbagbo et le chef des Forces nouvelles, Guillaume Soro, dont les troupes contrôlaient depuis 2002 le nord de la Côte d’Ivoire, ce texte prévoyait l’intégration de 8 400 rebelles dans l’armée dès 2009. Un processus qui n’a été formalisé qu’en 2011 », nous rappelle Jeune Afrique. 

Les membres de l’opposition qui ont a appelé à la désobéissance civile pour contester le troisième mandat d’Alassane Ouattara (qu’ils jugent anticonstitutionnel) ainsi que les responsables du conseil national de la transition CNT sont désormais dans le viseur du procureur de la République. Si Henri Konan Bedie n’est pas visé pour le moment par ces poursuites, ses collaborateurs et camarades de l’opposition sont eux, dans la tourmente. Selon le procureur de la République, Pascal Affi N’guessan serait en fuite. Plus d’une dizaines d’autres personnalités politiques sont déjà arrêtées. Le procureur de la République a retenu contre elles une vingtaine d’infractions. Il s’agit de :

  • Acte de terrorisme,
  • attentat et complot contre l’autorité de l’Etat,
  •  meurtre,
  • vol en réunion avec violence portant du matériel électoral et divers autres biens,
  • destructions volontaires de biens immeubles appartenant à une personne morale de droit public et des biens meubles,
  • incendie et destruction de véhicules appartenant à autrui,
  •  incendie volontaire des moyens de transport publics de personnes,
  • Incendie de biens immobiliers ainsi que de divers autres biens appartenant à autrui,
  • pillage de marchandise et de propriété immobilière,
  • coups et blessures volontaires,
  • organisation et participation à un mouvement insurrectionnel,
  • organisation et participation à une manifestation non déclarée ou interdite,
  •  perturbation de réunion ou d’assemblée,
  •  provocation au crime de meurtre,
  •  apologie de crime de meurtre,
  • atteinte aux opérations électorales et d’exercice du droit de vote,
  • publication et divulgation de nouvelles fausses,

Quelques heures avant la sortie du procureur de la République, Henri Konan Bedi, le président du PDCI-RDA a appelé à la libération immédiate de ses camarades de lutte.

« Suite aux tentatives d’intimidations de ces derniers jours, je demande la libération sans condition des cadres du PDCI-RDA ainsi que la levée immédiate des blocus des résidences des opposants au régime antidémocratique d’Alassane Ouattara », a-t-il déclaré ignorant que le secrétaire exécutif de son parti sera envoyé quelques plus tard à la Maca.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *