Shadow

Diary Sow brise enfin le silence et s’explique [Lettre]

Près de deux semaines après avoir disparu des radars sans donner aucune nouvelle d’elle, Diary Sow rompt le silence au travers d’une lettre adressée à l’un de ses proches.

C’est sur le réseau social Twitter que les autorités sénégalaises ont donné officiellement tard dans la nuit de ce 21 janvier, des nouvelles de Diary Sow, disparue depuis le 04 janvier 2021.

À travers unes série de tweet,  Serigné Mbaye Thiam, qui visiblement était en contact avec la jeune étudiante au Lycée le Grand de Paris a diffusé des extraits d’une lettre que lui a envoyé la jeune fille de 20 ans.

Dans la lette que s’est procurée notre rédaction, Diary Sow indique être partie <<Librement>> et <<ne fuit pas>>. Face aux vives inquiétudes nées suite à son acte, la jeune fille explique n’avoir informé personne <<par peur d’être incomprise>>.

Cette lettre de Diary Sow vient confirmer la thèse d’une fuite volontaire avancée par les enquêteurs français. Elle vient surtout soulager tout un peuple très inquiet depuis l’annonce de la disparition de la jeune étudiante. <<Nous avons enfin des nouvelles de Diary Sow qui va bien>>  a d’ailleurs tweeté l’ancien ministre de l’enseignement supérieur, destinataire de la lettre de Sow.

Dans sa lettre, Diary Sow ne donne aucun indice sur le lieu où elle se trouve actuellement mais assure n’avoir cependant pas renoncé à sa vie.

La rédaction de Brèves.info vous propose ci-dessous, des extraits de la lettre de Diary Sow.

« Bonjour tonton. Je tiens à préciser que je t’écris aussi librement que je suis partie. J’ai laissé assez d’indices derrière moi pour qu’on sache que je partais de mon plein gré. Je ne me cache pas. Je ne fuis pas. Considère cela comme une sorte de répit salutaire dans ma vie…Si je ne m’étais pas manifestée jusqu’à présent, c’est pour la simple raison que j’étais dans l’impossibilité de le faire.

Tonton, Je comprends que vous soyez tous surpris. Je comprendrais aussi que vous soyez déçus…La jeune fille que tu connais n’aurait pour rien au monde raté un jour d’école.  La pression ? Non. La pression n’a jamais été un frein pour moi. Au contraire. Je ne suis victime d’aucune sorte de pression de la part de qui que ce soit, dans mon entourage…Je n’ai pas disjoncté à cause du confinement ou de la prépa. Ma vie était telle que je l’avais voulue, telle qu’il fallait qu’elle soit. Les doutes ? Je n’ai jamais douté de mes capacités ni de ma force. Mon départ n’est pas aveu de faiblesse…Tonton, Sache néanmoins que s’il m’avait été possible de faire autrement, je n’aurais pas agi ainsi. Je n’aurais jamais cru que mon nom allait alimenter autant de débats, qu’autant de gens allaient s’inquiéter…

Et jusqu’au dernier moment, je ne réalisais toujours pas que j’étais effectivement en train de passer à l’acte. Je n’en ai parlé à personne. Par pudeur ? De peur d’être incomprise, mal comprise ? Il ne s’agit ni de surmenage, ni de folie, ni de désir de liberté…Je t’en prie,lis-moi avec le cœur, il y’a certaines choses que la raison ne peut entendre. Qui aurait d’ailleurs accordé le moindre crédit à ce désir irrépressible, irraisonné et si profondément irrationnel qui m’animait? Ma mère ? J’avais trop peur de ce qu’elle allait penser…Toi Tonton?

Tu aurais certainement cherché à me dissuader. S’il m’était possible de te demander cette faveur et que j’étais assurée qu’elle serait accueillie favorablement, m’aurais-tu permis cette petite pause, pour retrouver mes esprits? Maintes fois, j’ai failli changer d’avis…La veille de mon départ encore, j’hésitais. En discutant avec toi de l’avenir qui m’attendait, que je voulais, je réalisais à quel point mon projet était insensé. Fugue ? Un mot bien péjoratif pour une quête si profonde…Je suis consciente de l’audace, de la cruauté même de ma démarche. Je sais à quels tourments me livre ma décision, je pressens les conséquences qu’elle va engendrer, qu’elle engendre déjà…Tonton,

Je te prierais de rassurer les gens qui me cherchent. Je vais bien, je suis en sécurité. Sache que je suis terriblement, profondément désolée…

« Merci, tonton, de faire preuve d’autant d’indulgence à mon égard. Je comprends maintenant que mes peurs étaient infondées et que j’aurais dû t’en parler immédiatement… Ma famille mérite de savoir, en attendant que je trouve en moi, le courage et la force de reprendre contact avec elle. Ceux qui cherchent une explication rationnelle à mon acte seront déçus, puisqu’il n’en a aucune…Contrairement à ce que les gens semblent penser, aux paroles qu’on me prête, je ne renonce pas à ma vie d’avant.

Je ne suis pas désolée d’être partie, je suis désolée des gênes occasionnées par mon départ et des gens que j’ai fait souffrir…».

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