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Togo : les révélations d’un média israélien sur l’exploitation du pétrole

Le 10 janvier 2021, la chaîne de télévision israélienne I24 a réalisé un entretien avec le ministre des affaires étrangères Robert Dussey. Avant d’évoquer la gestion du Covid-19, thème principal de l’interview, le présentateur a fait une présentation plutôt inattendue du Togo. Dans ses propos, il indique, visuel à l’appui, que le pétrole et le phosphate sont « les principales ressources » du Togo. Il faisait cette déclaration devant le ministre des affaires étrangères Robert Dussey qui ne l’a pas contredit.

La chaîne israélienne I24 relance la polémique autour d’une éventuelle production de pétrole en catimini au Togo. Déjà en 2018, l’économiste Thomas Dodji Nettey Koumou se basant sur des chiffres publiés par la Banque de France indiquait que le Togo est un pays producteur de pétrole. « « En terme de montant, en pondérant les quantités produites avec les prix moyens annuels du baril, le Togo a enregistré 2 791 002 946 dollars soit 1 535 051 620 300 FCFA. Un jour, nous saurons si ces ressources atterrissent au Trésor national »», avait-il écrit.


Ses propos ont été démentis par la Banque de France qui s’excusait d’avoir attribué les données de la Côte d’Ivoire au Togo « Les données attribuées au Togo, relatives à la production de pétrole, sont plutôt les statistiques sur la Côte d’ivoire. Il en est de même des chiffres sur les principales productions agricoles vivrières et d’exportation, qui sont également ceux portant sur la Côte d’ivoire », pouvait-on lire sur Jeune Afrique.

Marc Ably-Bidamon, le ministre des mines du Togo à l’époque confiait à Jeune Afrique que le sous-sol togolais ne regorgeait pas de pétrole. Une mission exploration exécutée par la société italienne ENI aurait abouti à des conclusions plutôt décevantes.


« Beaucoup de travaux d’exploration ont été menés en offshore depuis 1960 jusqu’à ce jour. Ces forages ont permis de mettre en évidence des indices. Mais aucun gisement de pétrole techniquement exploitable et économiquement viable n’a encore fait objet de découverte », expliquait-il.


Et pourtant en 2017, le journal français La Tribune, bien introduit dans les palais présidentiels africains indiquait que le Togo disposait importantes quantités de pétrole. Le journal s’appuie sur les déclarations du coordonnateur national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), Edoh Kokou Agbémadon.
« Il n’y a pas des traces, il y a du pétrole même. C’est des étangs, c’est-à-dire ça ne peut pas fuir comme ce sera le cas pour les nappes », indiquait-il avant de préciser cependant que le pétrole togolais n’était pas encore exploité : «Le pétrole n’est pas encore exploité pour le moment au Togo ».


Selon les explications du journal français, le Togo n’exploite pas encore son pétrole pour des raisons financières. Le projet est couteux. « Néanmoins, si le Togo dispose du pétrole en grande quantité, son exploitation pose problème à cause des investissements considérables qu’elle nécessite », peut-on lire sur le site du journal.


Si le Togo n’exploite pas son pétrole, pourquoi le ministre Robert Dussey n’a pas recadré son interlocuteur qui semblait pourtant bien connaître le Togo ?

Voici l’entretien avec le ministre Robert Dussey

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