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Monnaie unique : voici enfin les 4 « Eco » proposés par Kako Nubukpo

Kako nubukpo
Kako nubukpo

L’économiste togolais Kako Nubukpo a publié vendredi le rapport du FCFA à l’ECO rédigé collectivement en marge des États Généraux de l’Eco. Le document de 320 pages présente les différentes formes que pourraient prendre le processus de migration vers la nouvelle monnaie de la sous-région ouest-africaine. Les Africains qui craignaient une manipulation de la France avec la nouvelle monnaie Eco pourraient bien avoir raison. Parmi les 4 types de monnaies proposés par Kako Nubukpo, figure en première place l’Eco, simple avatar du franc CFA. Contrairement aux trois autres options auxquelles l’ancien ministre togolais n’a trouvé que des handicaps, l’Eco tel que pensé par les président Emmanuel Macron et Alassane Ouattara aurait plusieurs atouts comme « la centralisation des réserves de change » et « la stabilité du système en théorie et en pratique ». 

Breves.info vous propose les 4 Ecos du Pr. Kako Nubukpo

L’Eco, simple avatar du franc CFA, parie sur l’élargissement progressif de l’UEMOA aux économies de la CEDEAO ayant le même profil d’exportatrices de matières premières agricoles qu’elle. Dans cette option, la centralisation des réserves de change est fondamentale, et c’est le principal acquis de l’histoire du franc CFA. Elle suppose et traduit une grande solidarité politique entre les États de l’UEMOA et il ne faudra pas l’oublier en cas d’adhésion de nouveaux membres. De même, la question de la garantie extérieure, telle que la France l’exerce dans le contexte institutionnel du franc CFA, a une forte dimension politique : elle fonde la stabilité du système en théorie et en pratique. Si l’on garde le principe de la centralisation des réserves, mais en recentrant leur gestion dans un autre cadre institutionnel, la souveraineté monétaire passe de la France à l’UEMOA puis à la CEDEAO.

La deuxième option est celle d’un Eco-réel fondé sur la convergence réelle, celle du PIB/tête et non plus, comme dans le cas de l’Eco-CFA, sur le respect des critères nominaux de convergence. Dans ce cas de figure, les économies de la CEDEAO auraient l’obligation de converger vers le trio de tête que constituent le Cap-Vert, le Nigeria et le Ghana. L’Eco aurait un régime de change flexible encadré par un ciblage de l’inflation. La dynamique de convergence serait alors tout autre et les Etats de l’UEMOA perdraient leur statut de bons élèves de la convergence et donc de tracteurs du processus de mise en œuvre de l’Eco. Mais le Nigeria, véritable poids lourd de la CEDEAO (70% du PIB et 52% de la population) est-il prêt à assumer un rôle de locomotive de la zone Eco ? Pourquoi accepterait-il d’être le prêteur en dernier ressort de la CEDEAO et surtout d’abandonner sa monnaie le Naira, dans un contexte actuel marqué par l’utilisation de la planche à billets pour résoudre les tensions internes à la fédération nigériane ?

Troisième option, l’Eco-Naira : dans ce cas de figure, on reviendrait à la philosophie initiale de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO), fondée le 20 avril 2000 à Accra (Ghana), lorsque six pays de la région (Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria, Sierra Leone) ont annoncé leur intention de créer une seconde zone monétaire en Afrique de l’Ouest avec comme monnaie l’eco (à côté du franc CFA de l’UEMOA). Le projet prévoyait une fusion ultérieure de cette zone avec l’UEMOA, afin de faire coïncider les frontières de cette nouvelle union avec celles de la CEDEAO. Mais le Sommet d’Abuja annonçant la création de l’Eco et le communiqué du Conseil des ministres de la ZMAO du 16 janvier 2020, accusant les États de l’UEMOA de violer l’esprit de la 10 monnaie Eco à la suite de la déclaration d’Abidjan, ont compliqué les choses. Tout ceci pourrait déboucher sur la création d’un « Eco-Naira », sous la houlette d’un Nigeria piqué au vif par l’initiative francophone d’un « Eco-CFA » en passe de se réaliser.

Quatrième option, l’Eco monnaie commune et non unique : tandis qu’une monnaie unique est nécessairement une monnaie commune, l’inverse n’est pas forcément vrai. On pourrait imaginer que les pays qui ne sont pas encore en mesure d’adhérer à la monnaie unique se lient à celle-ci par des accords de taux de change. Les mécanismes de résorption symétrique des déséquilibres de balance commerciale pourraient aider à une remise en circulation des surplus à l’intérieur de la zone CEDEAO, en incitant à des processus de spécialisation entre économies qui sont la base pour une augmentation du commerce intra-zone. Qui est à son tour l’un des objectifs économiques et politiques majeurs du processus d’intégration.  

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