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Affaire Pascal Agboyibor : l’autre version

Pascal Agboyibor
Pascal Agboyibor

Le célèbre avocat franco-togolais Pascal Agboyibor fait la une de la presse locale togolaise avec son rebondissement en République Démocratique du Congo. Le patron du cabinet Asafo & Co aurait quitté Orrick, Herrington & Sutcliffe où il avait le statut d’associé à cause d’un scandale sexuel. Une de ses anciennes collaboratrices l’aurait accusé d’abus sexuels.  Pascal Agboyibor nie les faits qui lui sont reprochés et estime être victime d’une opération de destruction menée contre lui par son ancien employeur.

Le 11 mars 2019, le cabinet Orrick a officiellement annoncé la rupture de sa collaboration avec l’avocat franco-togolais Pascal Agboyibor. Cette décision fut une surprise dans la mesure où les états de service du juriste sont impressionnants. En 2018 l’homme qui dirigeait le pôle Afrique de Orrick, avait rapporté plus de 20 millions de dollars d’honoraires à son cabinet. En 2017, il avait géré les dossiers du barrage Grand Inga pour la RDC et  le projet de Desiwa. Il fut d’ailleurs classé  N°2 dans le top « 50 d’avocats d’affaires qui ont marqué 2017 ».

Dans son communiqué du 11 mars 2019, Orrick, Herrington & Sutcliffe avait indiqué qu’il a demandé à Me Pascal Agboyibor « de partir, suite à une décision de son conseil d’administration afin de défendre nos valeurs et notre culture, sans aucun lien avec le travail de nos clients ». D’autres sources indiqueront plus tard que l’avocat était accusé d’abus sexuel par une collègue travaillant au bureau parisien du cabinet. Le fils de l’ancien premier ministre togolais ne reconnaitra pas faits. Selon le site d’information Togoweb.net, l’avocat accuse le cabinet dans lequel il a exercé pendant 17 ans et où il a gravi tous les échelons, de vouloir « le détruire professionnellement ». Cette hypothèse parait plausible pour plusieurs raisons.

Le projet Asafo & Co

Six mois seulement après son départ d’Orrick, Herrington & Sutcliffe, Pascal Agboyibor a lancé son propre cabinet d’avocats dénommé Asafo & Co. Le projet serait en gestation depuis longtemps et certains ténors de son désormais ex-cabinet n’auraient pas apprécié l’idée. Ce qu’ils craignaient arriva finalement. En partant, l’avocat de 53 ans, prend avec lui les gros clients du cabinet dont il gérait les dossiers. C’est ainsi que la République Démocratique du Congo (RDC) dont il était le conseiller lui renouvelle sa confiance.  

Jeune Afrique révélait que Pascal Agboyibor était parti avec «  surtout ses clients. Des dossiers africains dans lesquels Pascal Agboyibor, fils de l’avocat et ex-Premier ministre Yawovi Agboyibor, défend aussi bien les intérêts d’États comme le Mali ou la Guinée que de multinationales, du français EDF au turc Limak. »

Le chasseur de têtes

Plusieurs pièces maitresses de l’ex cabinet de Pascal Agboyibor ont suivi le Franco-togolais et rejoint Asafo. Parmi ses proches collaborateurs on peut citer entre autres  Bob Bastos et Sébastien Gaudu. Bob Bastos avant son départ d’Orrick, avait le statut privilégié d’avocat associé. Sébastien Gaudu etait le spécialiste Energie et infrastructure avec le statut d’associé/partenaire. Tous ces avocats chevronnés prendraient-il le risque d’associer leurs images à un délinquant sexuel au risque de briser leurs brillantes carrières ? Alors que cette rocambolesque affaire serait toujours pendante, d’autres imminents avocats continuent par rejoindre le navire Asafo comme si de rien n’était. C’est le cas du Français Patrick Larrivé qui a débarqué dans le nouveau cabinet avec toute son équipe.

« Le cabinet avait déjà réalisé « l’un des plus beaux transferts de ce mercato de rentrée », admet un concurrent, en accueillant le Français Patrick Larrivé et son équipe en provenance du bureau de la firme internationale Dentons à Casablanca », rapporte le magazine Jeune Afrique.

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