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Journée des martyrs : ce qui s’est-il réellement passé le 21 juin 1957 au Togo

Image utilisée à titre d’illustration

Chaque année, les Togolais rendent hommage à leurs martyrs le 21 juin. Cette commémoration instaurée sous le régime du général Gnassingbé Eyadema a perdu de son éclat au fil des années. Ils sont d’ailleurs nombreux, les Togolais qui ignorent tout sur cette date. Pourquoi la date du 21 juin a-t-elle été choisie pour célébrer les martyrs togolais qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du pays ? Que s’est-il réellement passé ce jour ?

Le 21 juin 1957 fut une date sombre dans l’histoire du Togo. Une partie de la population de Pya Hodo (préfecture de la Kozah), a profité de la visite d’une mission des Nations Unies conduite par le Libérien King pour exprimer son ras-le-bol. En effet l’administration coloniale de l’époque avait émis un mandat d’arrêt contre un villageois dénommé Bouyo Moukpé. La population a donc décidé d’organiser une manifestation pour exprimer son mécontentement devant les illustres invités. Ce projet n’a pas été du gout de l’administration coloniale française. Les soldats de l’armée coloniale tirent sur la foule et tuent une vingtaine de personnes faisant au passage plusieurs blessés. Ce fut un massacre.

« La troupe coloniale (gendarmes et gardes-cercle), sur ordre de l’adjoint au commandant de cercle, tira sur la foule réunie au marché! On déplora une vingtaine de morts et plusieurs blessés (Gayibor 1997 : 215) », renseigne l’appel à communication du colloque «  Le massacre de Pya-Hodo en pays kabiyè (Nord-Togo), 60 ans après. Les leçons d’un passé qui ne passe pas ! ».

Les indépendantistes du nord

Parmi les victimes, du massacre du 21 juin 1957, figurent plusieurs indépendantistes.  Ces derniers, en plus de la revendication préalable susmentionnée, s’opposaient à l’application de la loi du 23 juin 1956 encore appelée “loi-cadre” ou encore “loi Deferre”. En effet alors que les indépendantistes réclamaient l’indépendance immédiate, la loi-cadre proposait une autonomie interne des colonies tout en restant sous l’administration de la France. Contrairement aux idées reçues tout le Nord du Togo n’était acquis à l’administration coloniale française. Les indépendantistes ne se retrouvaient pas uniquement qu’ au sud du Togo.

«  Alors qu’on croyait la région acquise à l’administration française, on découvrit que les victimes étaient des manifestants favorables à l’indépendance immédiate du Togo, une position défendue par le parti du Comité de l’Unité Togolais (CUT) et la Juvento (Tcham 1994 : 203). Presque un an après cette répression, plus précisément le 27 avril 1958, à l’instar de la majorité des Togolais, les habitants de cette région ont préféré l’indépendance à l’autonomie interne », rapporte les universitaires africains  dans l’appel à communication du colloque précité.

A son accession au pouvoir, le général Eyadema originaire de Pya a fait ériger une stèle de marbre blanc avec l’inscription : “Ils sont morts pour que vive le Togo”. Des espaces de ce genre communément appelés « Place des martyrs » furent aménagés dans la quasi-totalité des grandes villes du Togo.  Le 21 juin a ainsi été choisi pour rendre hommage à tous les martyrs togolais.

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